Larmes de glace, tentative de paix

Paix (2)

Au fond, une vague de froid
En surface, des larmes de glace.
Tout cède la place au désarroi,
Les tentatives de réchauffement sont inefficaces.

La journée a commencé dans le coaltar,
Avec une annonce de cauchemar,
Des inconnus sont morts assassinés,
Et je vis soudain une tristesse inexpliquée.

Deux jours après, ceux qui ont tué sont morts aussi,
Mais rien pour autant n’est fini.
Trop d’émotions partout non écoutées,
et multiples tentatives de les bâillonner.

Pourtant, la solution est en chacun de nous,
L’atteindrons-nous avant le chaos?
Lutterons-nous contre la guerre et les verrous,
Pour revenir à l’essence, sous les os?

L’empathie et la non-violence
Sont les seules garantes de la paix,
Et c’est en soi qu’elles commencent
Qu’il est bon de se le rappeler!

À Toi qui ne sais te détendre…

Bouddha: mais comment fait-il?

Bouddha: mais comment fait-il?

Ce matin, si quelqu’un s’était introduit dans ma tête discrètement pour regarder ce qu’il s’y passait, il aurait été assailli par les « il faut »et « je dois », coincé entre les perspectives incertaines d’avenir, des inscriptions à des activités, la nouvelle étape de « Zero to Hero » et l’éternel « qu’est-ce qu’on mange ce soir, au fait? ». Il aurait peut-être essayé de se faire entendre comme mon prof d’anglais de secondaire 5 « arrêtez tous de parler, sinon… ». Sinon, quoi? L’implosion, tout bonnement.

Avant que ce quelqu’un curieux ne sorte avec la fumée par mes oreilles, je devais faire quelque chose. Après plusieurs tentatives de méditation échouées, il ne me restait plus qu’à plonger dans mon fouillis pour retrouver mon tapis et foncer jusqu’au studio Aloha Yoga, à 2 pas de chez moi (bon, OK, plutôt 500 mètres). Quand je suis arrivée, essoufflée parce que décidée à la dernière minute, j’ai joué de l’épaule pour ouvrir la porte. Celle-ci a protesté comme à chaque fois, car la nouvelle arrivante risquait d’entraîner toute l’agitation du dehors dans ce havre de paix.

Là, désormais, tout n’a plus été que calme et harmonie. Le carillon a tintinnabulé pour m’annoncer. J’ai senti des effluves d’encens et de tisane. Martine a souri et parlé d’une voix douce. J’ai déroulé mon tapis. Je me suis installée en tailleur sur un bloc avec la tempête dans mon crâne.

Ce n’est que lorsque la pratique a commencé que la magie a opéré. Parce qu’il n’y a qu’à essayer de suivre sa respiration et sa pensée en même temps pour comprendre que l’une ou l’autre prend le dessus. J’ai choisi d’écouter ma respiration et j’ai oublié que je ne savais toujours pas ce que nous mangerions ce soir, ni quel projet j’aurais demain. J’ai perçu dans le lointain des bruits de moteurs et de travaux. J’ai eu l’impression qu’ils faisaient partie de la bande sonore d’un film qui se serait joué sans moi. Quelques pensées me sont parvenues et sont reparties, comme si elles avaient un rendez-vous ailleurs. Mes muscles se sont étirés, ma mâchoire s’est détendue, ma respiration s’est allongée et j’ai retrouvé mon équilibre.

Namaste pour la magie!