Résolu…quoi?

Mon beau-frère un peu éméché me demandait ce matin très tôt quelles étaient mes résolutions pour 2016. Sur le coup, je ne savais pas quoi répondre (au pluriel en plus).

Lolo

Depuis, j’ai dormi, déneigé le stationnement (1 h 30), construit une piste de glisse, fait des glissades, une bataille de boules de neige, visité mes voisins, etc. Mon esprit est plus clair à présent, à vous je vous le dis: ma première et seule résolution de l’année sera…de ne pas en prendre! 

Oh! la! la! Ça va être dur de s’y tenir!

Bonne année!

Paradis blanc

Il faut parfois faire des kilomètres pour trouver ce que l’on cherche.

Nous sommes allés en Mauritie, sur les berges du Lac Castor et nous avons été récompensés pour le détour.

Elle était là, blanche, douce, immaculée et naturelle. Il n’y avait qu’à se vautrer dedans.

Neige

GRATITUDES

Au pluriel, eh ouais!

Je lis un livre intitulé Le cerveau de Bouddha, qui parle des émotions et du rôle du cerveau dans notre manière d’interpréter les aspects positifs et négatifs de notre vie. En résumé, notre cerveau est conçu pour la survie et, à cause des temps reculés où nos ancêtres devaient se prémunir de bien des dangers pour l’assurer, nous sommes programmés pour nous souvenir davantage des accidents ou des écueils survenus dans une journée que des moments satisfaisants où nos besoins sont parfaitement comblés.

C’est vrai. Si je regarde tout ce qui s’est passé au cours d’une journée, il y a de fortes chances que je me souvienne du seul aspect négatif qui s’est présenté, alors que la journée était positive dans sa grande globalité.

Le bon côté des choses, nous disent les auteurs, des neurologues (quand même), c’est que tout ce qui est programmé peut…se déprogrammer! Et donc, il ne tient qu’à nous, par la pratique, de nous entraîner à voir davantage les aspects positifs si nombreux qui ont agrémenté notre journée, par rapport au petit pet de mouche qui veut parfois nous faire croire qu’elle est carrément gâchée. Bien sûr, je ne vous apprends rien en vous disant que cette pratique s’acquiert, entre autre, par la méditation. Et si je vous l’apprends, eh bien, c’est chouette, c’est que j’ai commencé la déprogrammation sans le savoir, hé! hé!

« Pour faire une histoire courte », comme dirait mon amie Martine, je ne vais pas ici faire une initiation à la méditation, puisque franchement, je suis une grande novice en la matière. Je vais simplement faire la liste des choses positives qui me sont arrivées ces trois derniers jours:

  • Lundi soir, alors que mon chum était parti en laissant (sans faire exprès) la soupe sur le feu, que celle-ci était en train de brûler et que mon fils de 4 ans pleurait dans son bain parce qu’il avait décidé ce soir-là qu’il ne se laverait pas tout seul (attendez un peu pour l’aspect positif, il s’en vient), pendant que je m’occupais de sauver ma casserole et de préparer en vitesse autre chose à manger, mon garçon de 7 ans a décidé de laver son petit frère. Je suis trop fière et pourtant, je n’y suis pour rien.
  • Chaque jour, à chaque fois que j’entre dans la salle de bain, ma chatte fait des pattes et des griffes pour y entrer aussi afin que je lui donne de l’huile de noix de coco, 100% biologique. Moi, l’huile de coco, je la mets sur le corps, elle, elle la mange. Chacune son truc. J’ai la peau douce, elle a le poil brillant. Tout le monde est content.
  • Hier mardi, il faisait froid et humide quand je suis sortie du bureau. J’étais à la limite du claquement de dents. Je n’étais absolument pas motivée pour les 25 minutes de marche nécessaires pour rentrer. Quand soudain, que vois-je? Un taxi, un hélicoptère, quelqu’un que je connais qui me propose un lift? Presque: l’autobus de la ligne 197, en retard, ce qui me permettait de le prendre. Elle est pas belle la vie avec tous ses autobus qui la remplissent?
  • Aujourd’hui, je me suis aperçue avant minuit que j’avais oublié de souhaiter bon anniversaire à ma collègue et donc, j’ai pu me rattraper avant la fin de la journée. Bon anniversaire Claudia!
  • Demain je vais faire du bénévolat à l’école et vendredi dans un Magasin-Partage. Le bénévolat existe, c’est positif en soi.
  • Ce soir, j’ai eu une belle séance d’empathie réciproque avec Valérie.

Le tout nourrit mon besoin de goûter à l’intensité de la vie et c’est précieux. Essayez pour voir.

 

Des pieds pour m’enraciner

Ça tombe bien, puisqu’il n’y a pas encore de neige!

Tu me dis que ma vie est ici maintenant, mais franchement, je n’en sais rien. Qui le sait d’ailleurs? Ma vie est ici maintenant, elle pourra aussi bien être ailleurs demain. « Être né quelque part, c’est partir quand on veut, revenir quand on part », comme le chante si bien Maxime. Mais après? Hein, après? Tout est chamboulé, il n’y a pas de certitude. Qui, 30 ans plus tard, vit encore là où il est né, de nos jours? Déjà, il faut être né à la maison, parce que les gens vivent rarement des les hôpitaux. Tiens, moi, je suis née à l’hôpital de Manosque, j’ai dû y vivre 2 jours, gros max. J’y suis retournée un peu y vivre à l’adolescence, à Manosque, mais pas à l’hôpital. J’étais interne (pas internée) au Lycée Félix Esclangon. Il paraît qu’il y a un autre Lycée maintenant, à Manosque. Ah! Les temps changent. « De mon temps, ce n’était pas comme ça », dirait ma grand-mère si elle était encore en vie. Je dis ça, mais je ne sais même pas si ma grand-mère utilisait ce genre d’expression.

Ma grand-mère Marie-Thérèse, justement, qui a pourtant dû naître à la maison (à Hoenheim, à côté de Strasbourg), ne s’était certainement pas imaginée enfant qu’elle se retrouverait sur le quai de la gare de Tunis à 20 ans pour épouser mon grand-père. Qu’ils débarqueraient en France environ 10 ans plus tard avec leurs 4 enfants et 2 valises et qu’ils s’établiraient provisoirement à Carry-le-Rouet pour quelque temps, non sans difficulté, à cause de leurs pieds noirs (enfin, surtout ceux de mon grand-père et des enfants, puisque ma grand-mère, elle, était née en Alsace, je vous rappelle). Elle n’avait certainement pas prévu non plus qu’elle finirait ses jours à Redortiers, dans le pays de la lavande, où elle a vécu 55 ans.

Mes pieds à moi ne sont pas étiquetés. Mes rêves d’enfant ne m’avaient pas amenée dans la Belle Province, dont je n’ai certainement pas entendu parler avant l’adolescence. Je ne me souviens pas avoir étudié ce bout de l’histoire de France à l’école. En fait, je me souviens que nous ne l’avons pas étudié. Bref. Je suis une grande lectrice, mais mes livres n’étaient pas toujours des livres de voyages, ou alors en Inde, qui est quand même assez loin de Montréal.

Peut-être mes pieds peuvent-ils s’enraciner « icitte »? Je ne sais pas. Je reconnais que les énergies de ce côté-ci de l’Atlantique me semblent plus favorables que dans mon pays d’origine. Que je vis tout avec plus d’intensité, peut-être à cause de l’exil. C’est dur d’être loin, mais c’est bien aussi, parfois, souvent. « Être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable« , nous dit Thomas D’Ansembourg, alors je vais essayer, le confort m’importe peu.

Happy

Et hop, sans les pieds!

La créativité au service du social

Ce blogue était au départ destiné à accueillir les bonnes nouvelles du monde et finalement, je l’ai davantage utilisé pour voguer au gré de mon inspiration…

En tout cas, aujourd’hui, le 18 mars, j’ai décidé que je parlais de la créativité de quelqu’un d’autre, qui l’a mise au service des personnes démunies.

Véronika Scott, jeune femme extraordinaire de 25 ans, s’était donné comme défi, quand elle était étudiante au Collège de Détroit, de créer quelque chose qui répondrait à un vrai besoin de sa ville. L’itinérance étant un dossier majeur, puisqu’il touche un résident de Détroit sur 42, elle a décidé de s’y attaquer.

Elle a passé 5 mois à interroger des sans-abris et un jour, en observant deux personnes dans leur abri de fortune « maison », elle a imaginé un manteau convertible en sac de couchage. Visiblement, elle avait dû joué davantage avec des Transformers qu’avec des Barbies, quand elle était enfant…

Ce manteau révolutionnaire, utile à bien des égards, parce qu’il permet aussi aux personnes qui vivent en situation d’itinérance de rester indépendantes, a été fabriqué à plus de 10000 exemplaires par The Empowerment Plan, l’organisme sans but lucratif lancé par Veronika. Il a permis également à plusieurs personnes de sortir de la rue, comme les 17 couturières de l’organisme.

Il y a beaucoup d’idées géniales dans ce monde et j’aime quand elles viennent répondre à un besoin vital (ou plusieurs dans ce cas: dormir, au chaud, sans dépendre d’un foyer…) plutôt que créer un « besoin » vituel de plus dans la grande famille de ceux de la société de consommation…

 

Si les chats ont 9 vies (suite)

C’est la Journée de la femme. Les canettes aussi peuvent être féminines…(je m’excuse d’avance auprès de toutes les femmes qui défendent de vrais combats aujourd’hui).

Ensuite, j’ai brièvement été objet de convoitise dans l’armoire réfrigérée d’un hôtel de Cuba, devant laquelle les clients assoiffés s’arrêtaient un instant pour choisir celle qui aurait l’honneur de se glisser entre leurs doigts humides. Je sais que vous saisissez tout l’érotisme de cette phrase, c’est que moi, simple canette, j’ai eu des désirs aussi. L’un de ces clients m’a choisie, m’a décapsulée sans tendresse et m’a vidée de mon contenu. J’ai pu rester quelques minutes dans ses mains chaudes, avant d’être brutalement jetée dans la première poubelle venue.

Si les chats ont 9 vies (suite)

Comme vous ne l’attendiez plus, voici la suite (qui, paradoxalement, est un retour en arrière…)

J’ai été conçue dans une usine de canettes en fer blanc, comme mes sœurs. Nous étions des centaines ou peut-être des milliers… je ne sais pas compter de toute façon. Je suis née dans la solitude, sans un cri, sans amour, dans le bruit infernal des machines de l’usine. À mon arrivée sur le tapis roulant de la vie, j’étais à la fois terrifiée et curieuse. Quelle allait être mon utilité? Allais-je en avoir une? Mon besoin de contribution était vraiment très important. Mon besoin de liberté aussi, mais celui-ci est mort dans l’œuf, si je puis dire, puisque j’ai rapidement constaté que je serai un objet cylindrique, sans mécanisme pouvant me permettre des mouvements. Ensuite, la curiosité a fait place à la frustration, pour ne pas dire le désespoir, lorsqu’on m’a déplacée dans une autre usine pour me remplir de soda. Mon rêve à moi aurait été de participer à une vie saine et écologique. Enfin! Quel pouvoir une canette a-t-elle sur le contrôle de sa destinée?