La bonne nouvelle aujourd’hui

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que le temps est à la pluie. Bien humide et bien froid, pour nous donner un avant-goût des rhumatismes que nous aurons un jour. Pour l’instant, nous avons seulement un rhume, alors nous sommes heureux.

Bouddha mouillé

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous pourrons manger du confit de canard – un peu gras, juste comme il faut – sans complexe, puisqu’il fait froid, gris et pluvieux justement. Et vous prendrez bien un petit dessert au chocolat, avec ça?

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous allumerons un faux feu dans notre cheminée électrique quétaine. Il ne sent pas, il ne crépite pas, mais il fait une petite ambiance quand même, à condition de mettre la musique plus fort que le petit bruit de soufflerie.

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que je vais enfiler mon ensemble en peau de mouton, les pantoufles assorties à la veste, avec la fourrure qui dépasse, s’il-vous-plaît.

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que les enfants vont être hyper-excités par tous les bonbons de lendemain d’Halloween dont ils se seront gavés. Et nous les parents, aigris de ne pouvoir nous intoxiquer avec tout ce sucre chimiquement coloré sans faire exploser notre indice glycémique au-delà de ce que notre foie tolère (et je ne parle pas de diabète), pourrons librement critiquer la société de consommation qui récupère des fêtes traditionnelles à des fins commerciales.

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous n’aurons pas de morts à visiter au cimetière qui est à 6000 km et nous pourrons nous remémorer les époussetages de tombes auxquels nous avons participé petits avec une grande tante. Pourquoi dit-on Fête des morts, alors qu’on ne met pas de musique et que l’on ne sert pas d’alcool, juste des fleurs en pots?

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous achèterons quand même des chrysanthèmes, qui sont de fort jolies fleurs et que j’enverrai à la dernière minute ma nouvelle pour le concours de Radio Canada.

La bonne nouvelle aujourd’hui, enfin, c’est que nous nous coucherons super tard, vers 21 h, parce que nous serons crevés d’écrire des niaiseries et aussi parce que nous pourrons dormir une heure de plus demain grâce à la fin de l’heure avancée cette nuit. Mais ça, nous le vivrons demain!

Citrouille édentée

Après les citrouilles peinturlurées,
Nous avons fait dans la citrouille creusée!
Comme elle était édentée,
Nous avons eu pitié,
Mon lutin et moi lui avons planté,
Quelques ratiches qui ne sont pas restées.

Citrouille éclairée

Mais nous n’avons pas eu le temps de nous désoler,
Le soleil bienveillant nous a prêté,
Un rayon bienfaisant et doré,
Pour l’illuminer!

Depuis nous mangeons, parfois un peu forcés,
Toutes sortes de potages et de mets
À base de citrouille en purée…
Octobre est orangé, cette année!

Voir plus loin que le bout de la lorgnette

Voir plus loin

Hier soir, lors d’une soirée d’information sur l’anxiété des enfants, j’ai entendu un parent dire: « le système scolaire est tel qu’il est. Il y a de la compétition à l’école parce que le monde est compétitif. Je ne veux pas changer le système, je veux juste aider mon enfant à s’y adapter. Nos parents ont vécu toutes sortes d’épreuves, ils les ont traversées. » Cela m’a rappelé un atelier de discussion, auquel j’avais participé il y a quelques années et où une intervenante avait dit: « aujourd’hui, on veut élever nos enfants dans du coton. Mais ce n’est pas ça, la vie, la vie est dure. »

Eh bien, c’est peut-être à force de pratiquer la Communication non violente ou de lire des livres de Marshall Rosenberg, que j’ai envie de dire: « eh, oh, minute! Ne peut-on pas avoir une vision non conformiste de la vie, et donc, de l’école? » Je suis étonnée de constater qu’il y a encore des gens de ma génération qui défendent un système scolaire que je considère dépassé, basé sur la compétition et la discipline. Oui, à l’époque des mes grands-parents, il y avait de la discipline à l’école, parce qu’on formait des enfants qui partiraient à la guerre 10 ou 15 ans plus tard. Mais quel intérêt trouve-t-on à contraindre des enfants de 6 ans à entrer en classe dans le silence? L’année dernière, en maternelle, ils rentraient en chantant. Bonjour le choc.

Ensuite, je suis fatiguée d’entendre perpétuellement répéter que la vie est dure. Nos conditions de vie peuvent être difficiles, si nous les concevons comme telles. C’est une histoire de perception. Eckhart Tollé, dans le Pouvoir du moment présent, rappelle que « la négativité n’est absolument pas naturelle. C’est un polluant psychique humain. » Nous traversons tous des épreuves dans la vie, c’est ainsi qu’on apprend. Mais considérer que la vie dans son ensemble est dure et compétitive, cela revient à ne pas considérer toutes les beautés dont elle recèle. Il y a des anciens enfants soldats qui s’en sortent et qui militent pour la paix. Il y a Patch Adams et Grand Corps Malade. Bref, il y a beaucoup d’exemples de personnes qui ont vécu des épreuves réputées insurmontables et ont réinventé leur vie. Je ne vois pas en quoi expliquer à un enfant de 6 ans qu’il ne va pas à l’école pour s’amuser parce que « la vie, c’est pas marrant », va l’aider à devenir un adulte épanoui.

Et je peux vous servir le même discours à propos de la compétition. Bien sûr, une certaine conception du monde est basée sur la compétition et ne fonctionne que par elle. Ce système est entretenu parce qu’il enrichit les vendeurs d’armes et maintient la société de consommation à flot. Cependant, plusieurs études tendent à démontrer que:

Ce sujet me passionne et je pourrais en écrire encore beaucoup. Pour conclure, j’ai juste envie de rappeler que se conformer au système scolaire traditionnel n’entraîne pas forcément la réussite professionnelle (j’en suis la preuve). D’ailleurs, des gens aussi illustres que Winston Churchill ou Daniel Pennac étaient des cancres à l’école!

Bientôt l’HAAAAAlloween

Chat

S’il y a bien une fête de ma patrie d’adoption que j’ai empruntée, c’est l’Halloween. J’aime cette tradition du dernier jour de l’année celtique, où nos ancêtres supposaient que les esprits des morts pouvaient faire une brève visite aux vivants.

J’adore me déguiser avec les enfants : nous faisons nos costumes nous-mêmes bien sûr, avec des matériaux récupérés. Les enfants sont aussi très enthousiastes pour décorer la maison et les citrouilles. Nous utilisons beaucoup de décorations que nous avons récupérées de personnes qui n’en voulaient plus et les ressortons annuellement. Nous faisons de même avec les dessins et découpages dont la collection s’agrandit un peu plus tous les ans.

Citrouille (2)

Cette année, l’un de mes lutins a décrété que nous n’irions pas collecter des bonbons, mais que nous les distribuerions. Comme c’est l’aspect orgie de bonbons qui me dérange le plus dans cette fête, nous avons réfléchi à des solutions alternatives, que voici :

  • Nous allons peut-être distribuer des bonbons sans sucre. Je vois d’ici votre tête! Les bonbons sans sucre ne sont pas non sucrés, ils le sont au Xylitol, édulcorant de masse principalement extrait d’écorce de bouleau, qui a le goût du sucre (vraiment), dont l’indice glycémique est excessivement faible et qui n’abime pas les dents. J’ai moi-même grincé des miennes quand ma dentiste en a donné aux enfants (d’accord ça n’abîme pas les dents, mais ça donne aux enfants l’idée que les bonbons peuvent être bons pour la santé). Je sais qu’on peut en trouver chez Bio-terre.
  • Nous avons pensé pouvoir distribuer des objets utiles, comme des crayons ou des gommes à effacer, aux couleurs d’Halloween.
  • Nous avons aussi pensé à des objets rigolos, comme des tatouages temporaires ou des autocollants et/ou, pour les filles, des pinces à cheveux.

Citrouille2

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Hier, alors que nous avions un toit sur la tête et une chaleur estivale, se déroulait notre atelier de réflexion à l’école alternative Le Vitrail, sur la rue Hochelaga. Deuxième étape obligatoire dans le processus d’admission, celle-ci avait pour objectif de nous aider à valider si, en tant que familles, nous étions prêts à poursuivre l’aventure qui se déroulera sur la rue Boyer à partir de septembre 2015. Étant donné le grand nombre de participants, plusieurs moments dans la journée avaient été prévus pour accueillir les familles.

Échange

Regroupés par dizaines autour de tables, nous avions pour mandat de mettre en commun le fruit de nos réflexions préalables sur les avantages et inconvénients de l’école alternative. Autant vous dire d’entrée de jeu que la liste des avantages était bien plus longue que celles des préoccupations! Ensuite, un porte-parole à chaque table énonçait la liste des inquiétudes et des problèmes identifiés par son groupe, auxquelles Annie Lamarre, directrice de l’école Le Vitrail, Marylène Poulin, conseillère pédagogique ou Cindy Schwartz, conseillère d’orientation, ont répondu à tour de rôle.
Je ne pense pas pouvoir dresser une liste exhaustive de tout ce qui a été relevé, d’autant que j’avais pris des notes sur le document de travail que j’ai remis à la fin de la rencontre. Les questions suivantes ont été posées parmi bien d’autres :

  • Certains parents habitent en dehors du territoire ou sont très occupés. Ils ne pensent pas pouvoir être aussi présents que d’autres. Comment cela sera-t-il perçu par l’école, par les élèves? Que se passe-t-il s’il n’y a pas assez d’engagement parental?
  • L’enfant apprend en fonction de ses intérêts et de ses passions. Qu’arrive-t-il si un enfant du primaire décide qu’il n’aime pas lire? Comment le soutient-on afin qu’il n’atteigne pas l’âge de 8 ans sans avoir acquis la compétence de la lecture?
  • Comme la manière d’apprendre est très différente de celle qui a cours dans une école traditionnelle, l’élève du secondaire sera-t-il prêt pour le CEGEP à la fin de son cursus?
  • La population des apprenants de l’école sera-t-elle hétérogène?
  • L’enseignant en arts sera-t-il un spécialiste de sa discipline?

J’espère être fidèle dans la retranscription des réponses.

Au sujet de l’implication des parents, Annie Lamarre a rappelé que l’école ne peut pas fonctionner sans les parents, que les parents qui inscrivent leur enfant à l’école alternative s’engagent. Ils adhèrent aux valeurs de l’école et les respectent. Ils participent à la vie de l’école par diverses actions. Bien entendu, cet engagement peut être à géométrie variable. On comprend que tout le monde ne peut pas donner le même nombre d’heures ou la même sorte d’implication. C’est ce qui fait la diversité. Il n’y a pas de nombre d’heures minimal requis. L’école fera régulièrement des communications aux parents pour indiquer quels sont les besoins. Cela peut aller à de la présence en classe pour animer un atelier à une action à partir de la maison, comme la confection de muffins ou des appels téléphoniques, en passant par la collaboration à un comité. Mme Poulin rappelle que le premier soutien des parents est celui qu’ils donnent à leur enfant dans la réalisation de ses projets. Toutefois, il est bon de garder en tête que le parent qui vient à l’école ne vient pas pour le bénéfice de son enfant uniquement, il vient pour soutenir la communauté des apprenants dans son ensemble. Les élèves connaissent les parents et sont heureux de leur contribution. Mme Lamarre n’a jamais entendu de remarque sur une éventuelle comparaison au niveau des engagements parentaux.

Sur la question d’un enfant du primaire qui n’apprendrait pas la lecture par exemple, sous le prétexte que cela ne le tente pas, Marylène a répondu en souriant que c’était une vision « très années 80 » de l’école alternative. Au primaire, l’enfant est très assisté dans son autoformation. Les balises sont nombreuses. L’objectif est de l’aider progressivement à développer son autonomie. La procrastination n’est pas encouragée. En fait, l’enfant ne choisit pas ce qu’il veut apprendre, il fait certains choix dans la manière de le faire. Les enseignants travaillent à partir des mêmes programmes de formation que dans les autres écoles et s’assurent de lier les apprentissages faits par les enfants aux finalités desdits programmes.

Cela m’amène à enchaîner sur la question de la poursuite des études après le secondaire alternatif. Les témoignages d’anciens élèves que l’école à recueillis montrent que ces derniers réussissent très bien au CEGEP. À la différence des élèves qui viennent du secondaire traditionnel, ils ont un bagage académique moins important, mais ils ont appris à apprendre, à questionner, à se connaître, à parler en public et à travailler en groupe. Ils sont donc moins outillés en matière de savoir, mais le sont davantage en matière de compétences.

À la question de l’hétérogénéité de la clientèle, Mme Lamarre rappelle que c’est un objectif que l’école s’est fixé en déménageant. Le Vitrail veut être une école ouverte sur le monde, à commencer par celui de son quartier. Les familles immigrantes sont peut-être davantage rassurées par le modèle traditionnel, c’est notre rôle de les convaincre. Pour ma part, je souligne que le comité rayonnement a travaillé sur cette question. Nous avons fait des présentations dans des CPE, dans des coopératives d’habitations et dans des organismes communautaires.

Pour ce qui est de l’enseignement des arts, Mme Lamarre indique que l’enseignante en arts plastiques au secondaire est diplômée en arts plastiques et qu’elle enseigne sa discipline au moins pour 50% de son temps. (Elle peut enseigner d’autres matières le reste du temps). Au primaire, l’enseignant qui sera choisi pour enseigner les arts plastiques, la danse et le théâtre sera diplômé dans au moins une de ces 3 disciplines, même s’il enseignera les trois. La raison en est que l’école souhaite offrir un temps plein à cet enseignant afin qu’il s’imprègne de l’école, de son fonctionnement et de ses valeurs.

J’ai été heureuse encore une fois de participer à ces échanges. Notre famille est engagée dans le processus depuis le mois de mai dernier et espère l’être pour au moins les 13 prochaines années (si je fais le cumul de la scolarité de mes deux enfants). La prochaine étape pour nous est de remplir et remettre le dossier d’admission. Nous aurons la réponse, si elle est positive, comme cadeau de Noël!

Un toit sur la tête

 

Pleuvra, pleuvra pas?

Dessin d'enfant, feuillet promotionnel

Dessin d’enfant, feuillet promotionnel

Il a plu des trombes quelques heures avant et un déluge quelques heures plus tard. Je me suis donc estimée particulièrement chanceuse – et je n’étais sûrement pas la seule, vu le nombre de participants hier soir – de pouvoir assister à la rencontre d’information de l’école alternative primaire-secondaire Le Vitrail, hier soir.

En effet, l’école, qui ouvrira en septembre 2015, organisait hier ses portes ouvertes, étape obligatoire dans le processus d’admission. Ainsi que l’a souligné Annie Lamarre, directrice de l’école, les portes étaient tellement ouvertes que la rencontre avait lieu à l’extérieur, pour cause de travaux dans la bâtisse!

Je suis engagée sur le Comité Rayonnement de l’école depuis le printemps dernier. J’ai activement participé (feuillet, communiqué, kiosque) à publiciser la rencontre d’hier soir. Je suis très motivée par ce projet novateur, et pas seulement parce que ce sera la première école au Canada, à offrir un modèle alternatif de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire.

Tout d’abord, je suis captivée par ce projet où les enfants seront en auto-formation assistée. C’est-à-dire qu’ils apprendront des matières qui nous ont été enseignées quand nous étions nous-mêmes à l’école, mais différemment. Au lieu de devoir avaler un programme qui aura été décidé pour eux dans le fond et dans la forme, ils pourront choisir d’apprendre à partir de projets qui les passionnent, à leur rythme. C’est ce que j’ai, entre autres, retenu du touchant témoignage de deux dynamiques étudiantes du secondaire au Vitrail.

Ensuite, j’ai à cœur de m’impliquer dans l’école. Je le fais déjà depuis 6 mois, alors que mon enfant n’est même pas inscrit (et ne le sera peut-être pas, si le nombre d’inscriptions nécessite un tirage au sort)! Quand on choisit de fréquenter une école alternative, ladite fréquentation ne concerne pas seulement l’enfant, elle concerne la famille dans son ensemble. Les jeunes connaissent les parents, qui sont des co-éducateurs. Les parents sont partie prenante. L’école est intégrée dans sa communauté.

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

De plus, je suis enchantée par le fait que les classes seront multi-niveaux et multi-âges. Les grands apprennent aux petits et les petits apprennent aux grands. Responsabilisation, autonomie, développement de l’estime de soi, de la confiance.

Je suis emballée aussi par le fait que les enfants seront actifs tous les jours. Je fais partie des personnes qui sont convaincues que l’on apprend mieux lorsque l’énergie a circulé dans le corps. Hier, il pleuvait. Mon enfant a fait sa récréation…dans sa classe! Il était excité comme une puce. Je me demande quand il a écouté. D’ailleurs, il a eu un mot dans son agenda.

Il y a encore beaucoup d’autres raisons pour lesquelles ce projet m’emballe. Nous allons y réfléchir posément en famille pour nous préparer à la rencontre de réflexion de la semaine prochaine!

Je pourrai manger de la gomme, maman?

Nous y sommes enfin. Tous les trois dans la salle d’attente de l’orthodontiste. Ça sent les prothèses et la libération. À 6 ans et des poussières, Oscar va se faire retirer l’appareil qu’il est posé sur son palais et qui a corrigé, pendant 12 mois, la déviation latérale de sa mâchoire. Pour la vingtième fois depuis ce matin, il me demande:
– Quand Sydney aura enlevé mon appareil, je pourrai manger de la gomme maman?
– Oui, mon chéri.
– Et des caramels, aussi?
– Oui, mais pas en même temps!
– Oui, tu as raison. Ça risque de faire bizarre. Pis les gommes balloon, si tu les manges avec autre chose, c’est plus dur de faire une bulle avec. C’est Rémi qui me l’a dit. Et Rémi, il dit aussi que les rots et les pets, c’est pareil.
– Hum! Ah bon? Je ne vois pas bien le rapport.
– Ben oui, c’est pareil, c’est de l’air qui sort. Sauf que le rot, c’est par la bouche!
– Ah.

Murale dans une ruelle du Plateau

Et vous reprendrez bien un peu de soccer avec ça?

Ballon - ruelle verte dans la Petite-Patrie

Ballon, ruelle verte dans la Petite-Patrie

Après une petite marche de santé sous la pluie, nous entrons dans le gymnase. J’ai un peu froid, mes poils se dressent sur mes avant-bras. Les cris des enfants résonnent. Les ballons claquent sur le sol vitrifié et contre les chaussures. Un bruit me fait sursauter. L’enfant à côté de moi m’explique que c’est juste quelqu’un qui a fait tomber une séparation de bois. Ouf! Je croyais que c’était une déflagration, mes tympans s’agitent encore… Les entraîneurs entrent sur le terrain et constituent les groupes. Le calme se fait comme pendant une homélie. Même à 6 ans, le soccer est-il une religion et l’entraîneur un gourou? Hum. Voici les petits bonhommes colorés, pour certains avec des marques commerciales connues, qui suivent l’adulte dans une course d’échauffement d’abord lente, puis effrénée, puis les genoux bien hauts, puis les genoux aux fesses, etc. Vous avez compris. Toutes les parties de leur corps finissent par passer en revue. Ils s’arrêtent, essoufflés, pour boire un coup. Puis ils vont chercher un ballon. Celui qui s’appelle « Justdoit Nike » n’arrive pas à garder le sien dans ses mains pendant les explications et le fait rebondir. Cela donne quelque chose comme: « Marchez sur le bord avec la balle ». Bong! « Quand vous arrivez là, faites passer la balle par l’extérieur ». Bong! « Ici, vous sautez » Bong! « Trriiit » (L’entraîneur vient de siffler). Arrêtons de faire rebondir les ballons – nous faisons du soccer après tout – et commençons. Assise sur mon banc, je me réchauffe. Tous ces petits corps qui s’agitent créent de la chaleur, dirait-on. Puis je reconnais malgré moi que cette activité encourage l’écoute, développe l’agilité…Tiens! Voici qu' »Impact de Montréal » passe devant moi. On se croirait à l’hippodrome finalement, avec tous ces noms bizarres. Je pourrais organiser des paris avec les autres parents…