À votre santé!

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a deux particularités qui m’ont toujours fascinée au Québec, en dehors de l’hiver et de la poutine, bien sûr. Ce sont le bénévolat, qui fera l’objet d’un autre billet, et le système de santé. Les deux sont parfois en lien d’ailleurs, mais ce ne sera pas l’objet de mon propos ici.

Je viens d’un pays où lorsque l’on est moyennement malade, on se rend chez SON médecin (parce qu’on a toujours un). Si on est vraiment trop malade pour se déplacer, on n’a qu’à l’appeler et il vient. S’il ne peut pas parce que, par exemple, c’est un médecin en ville, on appelle SOS Médecins. En écrivant cela, je me demande si je fabule et si je n’ai tout simplement pas inventé cette particularité, tellement cela me semble irréel maintenant que je vis à Montréal. Je précise que je fais partie des chanceuses qui ont un médecin de famille, parce que j’ai été enceinte à une époque où ce statut permettait d’accéder à ce privilège. Bon, ladite médecin travaille à Verdun (soit à 18 km de chez moi) et à temps partiel, mais vraiment, je ne vais pas chipoter quand je pense à tous les gens qui n’ont pas de médecin de famille. Ici, je marque un temps d’arrêt au cas où des Français me liraient. Avoir un médecin de famille, cela signifie surtout avoir une adresse et un nom chez qui faire son bilan de santé annuel. Parce que pour le reste (c’est-à-dire les fois où je tombe malade à une autre date), je fais comme tout le monde, je vais à la clinique d’urgence, du lundi au vendredi. Comme dit l’un de mes proches, si tu tombes malade la fin de semaine, tu n’as qu’à rester au lit (parce que les urgences de l’hôpital le weekend, c’est comme partout dans le monde, chacun a sa petite histoire d’horreur sur le sujet et quelqu’un en a même fait une série télévisée). Mon ami ajoute qu’en matière de santé, on est mieux de faire de la prévention, d’où un certain engouement pour le yoga et la naturopathie, mais ne nous éloignons pas, SVP.

Quand je dis que je trouve le système de santé fascinant, c’est parce qu’après 7 ans et ½ passés ici, je n’ai toujours pas une idée très précise de ce en quoi il consiste réellement. Je peux vous assurer qu’il est aussi obscur pour plusieurs Québécois que je connais et dont je tairai les noms. Il y a des cliniques médicales privées, rattachées, pour certaines, au réseau public de santé, dans lesquelles on peut avoir un suivi médical. Il y a les Centres locaux de services communautaires (CLSC) qui offrent des services dans leurs locaux, dans les écoles et à domicile. Ils dispensent, entre autres, des soins infirmiers et des services de prévention. C’est là que je me rends pour mes prises de sang, par exemple. Comme j’ai travaillé pour l’Association des résidences intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), je sais ce que sont les résidences intermédiaires, mais aussi les Centres d’hébergement (autrefois appelés CHSLD, mais il paraît qu’on ne le dit plus) parce que leur association était sur le même palier. Il y a également bien sûr les hôpitaux. Certaines de ces entités dépendent des CSSS (prononcer C 3 S), les centres de santé et services sociaux, mais pas toutes.

Comme vous le voyez, il n’est pas facile de s’y retrouver, dans ce dédale. Et je n’ai pas encore parlé des services de soins à domicile, des unités transitoires de réadaptation, des cliniques de vaccination et autres options aux noms sinon rafraîchissants, du moins savamment étudiés. J’ajoute que je n’ai même pas évoqué les services offerts aux victimes de violence conjugale ou aux parents de jeunes en difficulté. Et alors, me direz-vous, il y a bien un site Internet auquel se référer au cas où une question nous tarauderait? Bien sûr! Pourquoi pas celui de l’Agence de la santé et des services sociaux (ASSS, vous l’aurez deviné)? Eh bien, si vous allez sur ce site, dans la rubrique « organisation des services », vous pourrez y lire que c’est une section actuellement en développement…

Heureusement que le Comité Santé Rosemont (dont je fais partie) est là! (Mon aguiche était peut-être un peu longue, je me suis laissée débordée par mon sujet). Le Comité Santé Rosemont, qui fait partie de la démarche Décider Rosemont Ensemble, a pour but de favoriser l’accès aux soins de santé et services sociaux. Nous nous sommes donné pour mandat de défricher le terrain et de donner de l’information sur le système de santé, localement. Notre premier événement est une soirée d’information et d’échanges sur les services offerts par le CSSS Lucille-Teasdale. Elle aura lieu mercredi prochain, le 19 novembre, de 18 h 30 à 21 h, au Centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme, 5350, rue Lafond. Elle se déroulera en deux temps. Dans la première partie, deux représentantes du CSSS présenteront les services. Dans la deuxième partie, les citoyens seront invités à poser toutes leurs questions sur les services auxquels ils ont droit. Nous comptons en apprendre beaucoup mercredi prochain et vous invitons à vous joindre à cette cohorte de gens bien informés. Venez nombreux, vous n’allez pas vous ennuyer!

affiche pour le 19 novembre VERSION 4

Cuba, « être cultivé pour être libre »

CubaJ’ai souvent entendu dire que les médecins cubains étaient très bien formés et efficaces. Au Canada, une agence organise des « voyages de santé » à Cuba pour les Canadiens désespérés de ne pas trouver de solution satisfaisante à leur problème médical dans leur pays. Cuba est aussi le pays qui envoie le plus de médecins à l’étranger, dans les pays défavorisés et l’île forme également de nombreux médecins étrangers (y compris américains).

Il semble qu’il y a un autre domaine dans lequel Cuba excelle, c’est celui de l’éducation. Dans un rapport de la Banque mondiale, Cuba apparaît comme le pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui a le meilleur système éducatif, les professeurs les mieux formés et les meilleures méthodes d’enseignement. D’ailleurs, c’est le pays au monde qui alloue à l’éducation la part la plus élevée du budget national (13%). Cette politique permet notamment un accès gratuit à l’éducation pour tous les cubains jusqu’à l’université et un programme d’alphabétisation universelle.

Cela me laisse rêveuse…

Sources:

Cuba, le pays de l’excellence éducative, Philippe Menkoué.

Banque mondiale: Cuba dispose du meilleur système éducatif d’Amérique latine et de la Caraïbe, Salim Lamrani.

La diplomatie médicale de Cuba, http://www.cubania.com.

Africa stop Ebola

Un collectif d’artistes africains vient de lancer une chanson pour tenter d’enrayer la progression de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. À ce jour, la fièvre hémorragique a touché plus de 10000 personnes et en a tué plus de 4000. Salif Keita, Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Mory Kanté et plusieurs autres ont écrit cette chanson pour informer la population sur les gestes de bases à adopter (comme « ne pas toucher nos mourants ») et sur la nécessité de faire confiance aux services de santé (« Aie confiance aux docteurs »). Ils la destinent aux habitants de plusieurs pays africains, quel que soit leur niveau d’éducation. La chanson est diffusée sur Internet et à la radio, en français et en plusieurs langues africaines. Elle véhicule un message d’espoir: « Ebola nous te vaincrons ».

 

 

Voir plus loin que le bout de la lorgnette

Voir plus loin

Hier soir, lors d’une soirée d’information sur l’anxiété des enfants, j’ai entendu un parent dire: « le système scolaire est tel qu’il est. Il y a de la compétition à l’école parce que le monde est compétitif. Je ne veux pas changer le système, je veux juste aider mon enfant à s’y adapter. Nos parents ont vécu toutes sortes d’épreuves, ils les ont traversées. » Cela m’a rappelé un atelier de discussion, auquel j’avais participé il y a quelques années et où une intervenante avait dit: « aujourd’hui, on veut élever nos enfants dans du coton. Mais ce n’est pas ça, la vie, la vie est dure. »

Eh bien, c’est peut-être à force de pratiquer la Communication non violente ou de lire des livres de Marshall Rosenberg, que j’ai envie de dire: « eh, oh, minute! Ne peut-on pas avoir une vision non conformiste de la vie, et donc, de l’école? » Je suis étonnée de constater qu’il y a encore des gens de ma génération qui défendent un système scolaire que je considère dépassé, basé sur la compétition et la discipline. Oui, à l’époque des mes grands-parents, il y avait de la discipline à l’école, parce qu’on formait des enfants qui partiraient à la guerre 10 ou 15 ans plus tard. Mais quel intérêt trouve-t-on à contraindre des enfants de 6 ans à entrer en classe dans le silence? L’année dernière, en maternelle, ils rentraient en chantant. Bonjour le choc.

Ensuite, je suis fatiguée d’entendre perpétuellement répéter que la vie est dure. Nos conditions de vie peuvent être difficiles, si nous les concevons comme telles. C’est une histoire de perception. Eckhart Tollé, dans le Pouvoir du moment présent, rappelle que « la négativité n’est absolument pas naturelle. C’est un polluant psychique humain. » Nous traversons tous des épreuves dans la vie, c’est ainsi qu’on apprend. Mais considérer que la vie dans son ensemble est dure et compétitive, cela revient à ne pas considérer toutes les beautés dont elle recèle. Il y a des anciens enfants soldats qui s’en sortent et qui militent pour la paix. Il y a Patch Adams et Grand Corps Malade. Bref, il y a beaucoup d’exemples de personnes qui ont vécu des épreuves réputées insurmontables et ont réinventé leur vie. Je ne vois pas en quoi expliquer à un enfant de 6 ans qu’il ne va pas à l’école pour s’amuser parce que « la vie, c’est pas marrant », va l’aider à devenir un adulte épanoui.

Et je peux vous servir le même discours à propos de la compétition. Bien sûr, une certaine conception du monde est basée sur la compétition et ne fonctionne que par elle. Ce système est entretenu parce qu’il enrichit les vendeurs d’armes et maintient la société de consommation à flot. Cependant, plusieurs études tendent à démontrer que:

Ce sujet me passionne et je pourrais en écrire encore beaucoup. Pour conclure, j’ai juste envie de rappeler que se conformer au système scolaire traditionnel n’entraîne pas forcément la réussite professionnelle (j’en suis la preuve). D’ailleurs, des gens aussi illustres que Winston Churchill ou Daniel Pennac étaient des cancres à l’école!

We want peace

Emmanuel Jal a été capturé lorsqu’il était enfant et enrôlé de force comme enfant soldat. Chanteur, musicien et activiste, il milite désormais pour la paix dans son pays, la république du Soudan du Sud (plus récent pays créé, en 2011) et dans le monde entier. Il était à Montréal la semaine dernière. Il est à l’affiche du dernier film de Falardeau, The Good Lie.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Hier, alors que nous avions un toit sur la tête et une chaleur estivale, se déroulait notre atelier de réflexion à l’école alternative Le Vitrail, sur la rue Hochelaga. Deuxième étape obligatoire dans le processus d’admission, celle-ci avait pour objectif de nous aider à valider si, en tant que familles, nous étions prêts à poursuivre l’aventure qui se déroulera sur la rue Boyer à partir de septembre 2015. Étant donné le grand nombre de participants, plusieurs moments dans la journée avaient été prévus pour accueillir les familles.

Échange

Regroupés par dizaines autour de tables, nous avions pour mandat de mettre en commun le fruit de nos réflexions préalables sur les avantages et inconvénients de l’école alternative. Autant vous dire d’entrée de jeu que la liste des avantages était bien plus longue que celles des préoccupations! Ensuite, un porte-parole à chaque table énonçait la liste des inquiétudes et des problèmes identifiés par son groupe, auxquelles Annie Lamarre, directrice de l’école Le Vitrail, Marylène Poulin, conseillère pédagogique ou Cindy Schwartz, conseillère d’orientation, ont répondu à tour de rôle.
Je ne pense pas pouvoir dresser une liste exhaustive de tout ce qui a été relevé, d’autant que j’avais pris des notes sur le document de travail que j’ai remis à la fin de la rencontre. Les questions suivantes ont été posées parmi bien d’autres :

  • Certains parents habitent en dehors du territoire ou sont très occupés. Ils ne pensent pas pouvoir être aussi présents que d’autres. Comment cela sera-t-il perçu par l’école, par les élèves? Que se passe-t-il s’il n’y a pas assez d’engagement parental?
  • L’enfant apprend en fonction de ses intérêts et de ses passions. Qu’arrive-t-il si un enfant du primaire décide qu’il n’aime pas lire? Comment le soutient-on afin qu’il n’atteigne pas l’âge de 8 ans sans avoir acquis la compétence de la lecture?
  • Comme la manière d’apprendre est très différente de celle qui a cours dans une école traditionnelle, l’élève du secondaire sera-t-il prêt pour le CEGEP à la fin de son cursus?
  • La population des apprenants de l’école sera-t-elle hétérogène?
  • L’enseignant en arts sera-t-il un spécialiste de sa discipline?

J’espère être fidèle dans la retranscription des réponses.

Au sujet de l’implication des parents, Annie Lamarre a rappelé que l’école ne peut pas fonctionner sans les parents, que les parents qui inscrivent leur enfant à l’école alternative s’engagent. Ils adhèrent aux valeurs de l’école et les respectent. Ils participent à la vie de l’école par diverses actions. Bien entendu, cet engagement peut être à géométrie variable. On comprend que tout le monde ne peut pas donner le même nombre d’heures ou la même sorte d’implication. C’est ce qui fait la diversité. Il n’y a pas de nombre d’heures minimal requis. L’école fera régulièrement des communications aux parents pour indiquer quels sont les besoins. Cela peut aller à de la présence en classe pour animer un atelier à une action à partir de la maison, comme la confection de muffins ou des appels téléphoniques, en passant par la collaboration à un comité. Mme Poulin rappelle que le premier soutien des parents est celui qu’ils donnent à leur enfant dans la réalisation de ses projets. Toutefois, il est bon de garder en tête que le parent qui vient à l’école ne vient pas pour le bénéfice de son enfant uniquement, il vient pour soutenir la communauté des apprenants dans son ensemble. Les élèves connaissent les parents et sont heureux de leur contribution. Mme Lamarre n’a jamais entendu de remarque sur une éventuelle comparaison au niveau des engagements parentaux.

Sur la question d’un enfant du primaire qui n’apprendrait pas la lecture par exemple, sous le prétexte que cela ne le tente pas, Marylène a répondu en souriant que c’était une vision « très années 80 » de l’école alternative. Au primaire, l’enfant est très assisté dans son autoformation. Les balises sont nombreuses. L’objectif est de l’aider progressivement à développer son autonomie. La procrastination n’est pas encouragée. En fait, l’enfant ne choisit pas ce qu’il veut apprendre, il fait certains choix dans la manière de le faire. Les enseignants travaillent à partir des mêmes programmes de formation que dans les autres écoles et s’assurent de lier les apprentissages faits par les enfants aux finalités desdits programmes.

Cela m’amène à enchaîner sur la question de la poursuite des études après le secondaire alternatif. Les témoignages d’anciens élèves que l’école à recueillis montrent que ces derniers réussissent très bien au CEGEP. À la différence des élèves qui viennent du secondaire traditionnel, ils ont un bagage académique moins important, mais ils ont appris à apprendre, à questionner, à se connaître, à parler en public et à travailler en groupe. Ils sont donc moins outillés en matière de savoir, mais le sont davantage en matière de compétences.

À la question de l’hétérogénéité de la clientèle, Mme Lamarre rappelle que c’est un objectif que l’école s’est fixé en déménageant. Le Vitrail veut être une école ouverte sur le monde, à commencer par celui de son quartier. Les familles immigrantes sont peut-être davantage rassurées par le modèle traditionnel, c’est notre rôle de les convaincre. Pour ma part, je souligne que le comité rayonnement a travaillé sur cette question. Nous avons fait des présentations dans des CPE, dans des coopératives d’habitations et dans des organismes communautaires.

Pour ce qui est de l’enseignement des arts, Mme Lamarre indique que l’enseignante en arts plastiques au secondaire est diplômée en arts plastiques et qu’elle enseigne sa discipline au moins pour 50% de son temps. (Elle peut enseigner d’autres matières le reste du temps). Au primaire, l’enseignant qui sera choisi pour enseigner les arts plastiques, la danse et le théâtre sera diplômé dans au moins une de ces 3 disciplines, même s’il enseignera les trois. La raison en est que l’école souhaite offrir un temps plein à cet enseignant afin qu’il s’imprègne de l’école, de son fonctionnement et de ses valeurs.

J’ai été heureuse encore une fois de participer à ces échanges. Notre famille est engagée dans le processus depuis le mois de mai dernier et espère l’être pour au moins les 13 prochaines années (si je fais le cumul de la scolarité de mes deux enfants). La prochaine étape pour nous est de remplir et remettre le dossier d’admission. Nous aurons la réponse, si elle est positive, comme cadeau de Noël!

Un toit sur la tête

 

Ruelles colorées

Omen

Artiste Omen, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

S’il y a bien quelques choses qui poussent comme des champignons dans mon voisinage, ce sont les ruelles vertes. D’ailleurs, nos voisins et nous-mêmes nous sommes lancés dans le verdissement de la nôtre. En fait de ruelles vertes, devrais-je plutôt écrire ruelles colorées. En effet, l’arrondissement finance des excavations de plates-bandes, mais n’a pas le budget nécessaire pour un désasphaltage complet, qui nous permettrait d’imaginer des ruelles gazonnées. Carrément.

Artiste Nico, arrondissement de Rosemont - la-Petite-Patrie

Artiste Nico, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Du coup, pour les promeneurs, ces fameuses ruelles se caractérisent surtout par les fleurs et les légumes que les citoyens cultivent dans les plates-bandes qu’ils ont adoptées et par les jolies murales peintes à des endroits stratégiques autrefois sans intérêt. Plusieurs des photos de murales que vous trouverez sur ce blogue et, a fortiori dans cet article, ont été prises dans des ruelles voisines.

Madre Natura, oeuvre de A.Z et M.A.J., arrondissement de Rosemont - la-Petite-Patrie

Madre Natura, oeuvre de A.Z et M.A.J., arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Bien sûr, une ruelle colorée se démarque surtout par la vie qui l’anime. En effet, décider de monter un comité de ruelle verte implique de parler à ses voisins, de bâtir un projet commun, de se rencontrer à plusieurs reprises pour en débattre et enfin, d’essayer de convaincre la majorité silencieuse afin qu’elle donne son accord et sa signature. (Pour qu’une ruelle verte sorte du bitume, il est obligatoire que plus de 50% des résidents aient donné leur accord).

Dans le cas de la nôtre, le projet a été l’occasion d’un pique-nique géant dans la ruelle le 28 septembre dernier. Nous n’avons pas encore le pourcentage de signatures requis, mais nous avons des idées florissantes pour égayer ce lieu de passage et de rencontre, que je ne manquerai pas de partager lorsqu’elles verront le jour!

Nayan

Artiste Nayan, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Pleuvra, pleuvra pas?

Dessin d'enfant, feuillet promotionnel

Dessin d’enfant, feuillet promotionnel

Il a plu des trombes quelques heures avant et un déluge quelques heures plus tard. Je me suis donc estimée particulièrement chanceuse – et je n’étais sûrement pas la seule, vu le nombre de participants hier soir – de pouvoir assister à la rencontre d’information de l’école alternative primaire-secondaire Le Vitrail, hier soir.

En effet, l’école, qui ouvrira en septembre 2015, organisait hier ses portes ouvertes, étape obligatoire dans le processus d’admission. Ainsi que l’a souligné Annie Lamarre, directrice de l’école, les portes étaient tellement ouvertes que la rencontre avait lieu à l’extérieur, pour cause de travaux dans la bâtisse!

Je suis engagée sur le Comité Rayonnement de l’école depuis le printemps dernier. J’ai activement participé (feuillet, communiqué, kiosque) à publiciser la rencontre d’hier soir. Je suis très motivée par ce projet novateur, et pas seulement parce que ce sera la première école au Canada, à offrir un modèle alternatif de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire.

Tout d’abord, je suis captivée par ce projet où les enfants seront en auto-formation assistée. C’est-à-dire qu’ils apprendront des matières qui nous ont été enseignées quand nous étions nous-mêmes à l’école, mais différemment. Au lieu de devoir avaler un programme qui aura été décidé pour eux dans le fond et dans la forme, ils pourront choisir d’apprendre à partir de projets qui les passionnent, à leur rythme. C’est ce que j’ai, entre autres, retenu du touchant témoignage de deux dynamiques étudiantes du secondaire au Vitrail.

Ensuite, j’ai à cœur de m’impliquer dans l’école. Je le fais déjà depuis 6 mois, alors que mon enfant n’est même pas inscrit (et ne le sera peut-être pas, si le nombre d’inscriptions nécessite un tirage au sort)! Quand on choisit de fréquenter une école alternative, ladite fréquentation ne concerne pas seulement l’enfant, elle concerne la famille dans son ensemble. Les jeunes connaissent les parents, qui sont des co-éducateurs. Les parents sont partie prenante. L’école est intégrée dans sa communauté.

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

De plus, je suis enchantée par le fait que les classes seront multi-niveaux et multi-âges. Les grands apprennent aux petits et les petits apprennent aux grands. Responsabilisation, autonomie, développement de l’estime de soi, de la confiance.

Je suis emballée aussi par le fait que les enfants seront actifs tous les jours. Je fais partie des personnes qui sont convaincues que l’on apprend mieux lorsque l’énergie a circulé dans le corps. Hier, il pleuvait. Mon enfant a fait sa récréation…dans sa classe! Il était excité comme une puce. Je me demande quand il a écouté. D’ailleurs, il a eu un mot dans son agenda.

Il y a encore beaucoup d’autres raisons pour lesquelles ce projet m’emballe. Nous allons y réfléchir posément en famille pour nous préparer à la rencontre de réflexion de la semaine prochaine!