La créativité au service du social

Ce blogue était au départ destiné à accueillir les bonnes nouvelles du monde et finalement, je l’ai davantage utilisé pour voguer au gré de mon inspiration…

En tout cas, aujourd’hui, le 18 mars, j’ai décidé que je parlais de la créativité de quelqu’un d’autre, qui l’a mise au service des personnes démunies.

Véronika Scott, jeune femme extraordinaire de 25 ans, s’était donné comme défi, quand elle était étudiante au Collège de Détroit, de créer quelque chose qui répondrait à un vrai besoin de sa ville. L’itinérance étant un dossier majeur, puisqu’il touche un résident de Détroit sur 42, elle a décidé de s’y attaquer.

Elle a passé 5 mois à interroger des sans-abris et un jour, en observant deux personnes dans leur abri de fortune « maison », elle a imaginé un manteau convertible en sac de couchage. Visiblement, elle avait dû joué davantage avec des Transformers qu’avec des Barbies, quand elle était enfant…

Ce manteau révolutionnaire, utile à bien des égards, parce qu’il permet aussi aux personnes qui vivent en situation d’itinérance de rester indépendantes, a été fabriqué à plus de 10000 exemplaires par The Empowerment Plan, l’organisme sans but lucratif lancé par Veronika. Il a permis également à plusieurs personnes de sortir de la rue, comme les 17 couturières de l’organisme.

Il y a beaucoup d’idées géniales dans ce monde et j’aime quand elles viennent répondre à un besoin vital (ou plusieurs dans ce cas: dormir, au chaud, sans dépendre d’un foyer…) plutôt que créer un « besoin » vituel de plus dans la grande famille de ceux de la société de consommation…

 

Africa stop Ebola

Un collectif d’artistes africains vient de lancer une chanson pour tenter d’enrayer la progression de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. À ce jour, la fièvre hémorragique a touché plus de 10000 personnes et en a tué plus de 4000. Salif Keita, Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Mory Kanté et plusieurs autres ont écrit cette chanson pour informer la population sur les gestes de bases à adopter (comme « ne pas toucher nos mourants ») et sur la nécessité de faire confiance aux services de santé (« Aie confiance aux docteurs »). Ils la destinent aux habitants de plusieurs pays africains, quel que soit leur niveau d’éducation. La chanson est diffusée sur Internet et à la radio, en français et en plusieurs langues africaines. Elle véhicule un message d’espoir: « Ebola nous te vaincrons ».

 

 

Ruelles colorées

Omen

Artiste Omen, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

S’il y a bien quelques choses qui poussent comme des champignons dans mon voisinage, ce sont les ruelles vertes. D’ailleurs, nos voisins et nous-mêmes nous sommes lancés dans le verdissement de la nôtre. En fait de ruelles vertes, devrais-je plutôt écrire ruelles colorées. En effet, l’arrondissement finance des excavations de plates-bandes, mais n’a pas le budget nécessaire pour un désasphaltage complet, qui nous permettrait d’imaginer des ruelles gazonnées. Carrément.

Artiste Nico, arrondissement de Rosemont - la-Petite-Patrie

Artiste Nico, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Du coup, pour les promeneurs, ces fameuses ruelles se caractérisent surtout par les fleurs et les légumes que les citoyens cultivent dans les plates-bandes qu’ils ont adoptées et par les jolies murales peintes à des endroits stratégiques autrefois sans intérêt. Plusieurs des photos de murales que vous trouverez sur ce blogue et, a fortiori dans cet article, ont été prises dans des ruelles voisines.

Madre Natura, oeuvre de A.Z et M.A.J., arrondissement de Rosemont - la-Petite-Patrie

Madre Natura, oeuvre de A.Z et M.A.J., arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Bien sûr, une ruelle colorée se démarque surtout par la vie qui l’anime. En effet, décider de monter un comité de ruelle verte implique de parler à ses voisins, de bâtir un projet commun, de se rencontrer à plusieurs reprises pour en débattre et enfin, d’essayer de convaincre la majorité silencieuse afin qu’elle donne son accord et sa signature. (Pour qu’une ruelle verte sorte du bitume, il est obligatoire que plus de 50% des résidents aient donné leur accord).

Dans le cas de la nôtre, le projet a été l’occasion d’un pique-nique géant dans la ruelle le 28 septembre dernier. Nous n’avons pas encore le pourcentage de signatures requis, mais nous avons des idées florissantes pour égayer ce lieu de passage et de rencontre, que je ne manquerai pas de partager lorsqu’elles verront le jour!

Nayan

Artiste Nayan, arrondissement de Rosemont – la-Petite-Patrie

Pleuvra, pleuvra pas?

Dessin d'enfant, feuillet promotionnel

Dessin d’enfant, feuillet promotionnel

Il a plu des trombes quelques heures avant et un déluge quelques heures plus tard. Je me suis donc estimée particulièrement chanceuse – et je n’étais sûrement pas la seule, vu le nombre de participants hier soir – de pouvoir assister à la rencontre d’information de l’école alternative primaire-secondaire Le Vitrail, hier soir.

En effet, l’école, qui ouvrira en septembre 2015, organisait hier ses portes ouvertes, étape obligatoire dans le processus d’admission. Ainsi que l’a souligné Annie Lamarre, directrice de l’école, les portes étaient tellement ouvertes que la rencontre avait lieu à l’extérieur, pour cause de travaux dans la bâtisse!

Je suis engagée sur le Comité Rayonnement de l’école depuis le printemps dernier. J’ai activement participé (feuillet, communiqué, kiosque) à publiciser la rencontre d’hier soir. Je suis très motivée par ce projet novateur, et pas seulement parce que ce sera la première école au Canada, à offrir un modèle alternatif de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire.

Tout d’abord, je suis captivée par ce projet où les enfants seront en auto-formation assistée. C’est-à-dire qu’ils apprendront des matières qui nous ont été enseignées quand nous étions nous-mêmes à l’école, mais différemment. Au lieu de devoir avaler un programme qui aura été décidé pour eux dans le fond et dans la forme, ils pourront choisir d’apprendre à partir de projets qui les passionnent, à leur rythme. C’est ce que j’ai, entre autres, retenu du touchant témoignage de deux dynamiques étudiantes du secondaire au Vitrail.

Ensuite, j’ai à cœur de m’impliquer dans l’école. Je le fais déjà depuis 6 mois, alors que mon enfant n’est même pas inscrit (et ne le sera peut-être pas, si le nombre d’inscriptions nécessite un tirage au sort)! Quand on choisit de fréquenter une école alternative, ladite fréquentation ne concerne pas seulement l’enfant, elle concerne la famille dans son ensemble. Les jeunes connaissent les parents, qui sont des co-éducateurs. Les parents sont partie prenante. L’école est intégrée dans sa communauté.

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

De plus, je suis enchantée par le fait que les classes seront multi-niveaux et multi-âges. Les grands apprennent aux petits et les petits apprennent aux grands. Responsabilisation, autonomie, développement de l’estime de soi, de la confiance.

Je suis emballée aussi par le fait que les enfants seront actifs tous les jours. Je fais partie des personnes qui sont convaincues que l’on apprend mieux lorsque l’énergie a circulé dans le corps. Hier, il pleuvait. Mon enfant a fait sa récréation…dans sa classe! Il était excité comme une puce. Je me demande quand il a écouté. D’ailleurs, il a eu un mot dans son agenda.

Il y a encore beaucoup d’autres raisons pour lesquelles ce projet m’emballe. Nous allons y réfléchir posément en famille pour nous préparer à la rencontre de réflexion de la semaine prochaine!