Dilemme du dimanche matin

Nous sommes le 18 octobre. II est 7 h 25 du matin, il fait -4 et je m’apprête à faire une course de 10 km.

Dans l’énoncé ci-dessus, ce qui m’interpelle le plus, c’est la température. La dernière fois que je me suis entraînée, il y a 6 jours, il faisait 22! Je ne suis pas équipée pour courir dans le froid. Je n’ai aucune idée de comment je vais survivre!

Si je partais en randonnée, je mettrais un manteau et des grosses chaussettes. Mais là, courir en manteau? Et puis, mes grosses chaussettes ne rentrent pas dans mes chaussures de course! Ah, quel dilemme pour un dimanche matin. Il faut vraiment ne pas avoir de problèmes plus importants à gérer pour se mettre dans une situation pareille.

Tiens! C’est vrai, je N’AI PAS de problème plus important à gérer. La vie est belle. Je vais peut-être revenir avec des engelures et ce sera encore le problème le plus important que j’aurais à gérer! C’est « cool » finalement et c’est le cas de le dire, en plus.

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Mais qu’est ski m’a pris?

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8 ans que je vis au Québec, 2 grossesses en hiver et 2 bébés portés en kangourous les hivers suivants, mettons que je m’étais plus ou moins organisée pour y échapper.

Or, maintenant que mon « petit dernier » a atteint l’âge vénérable des contradictions et des belles formules, il était temps pour moi d’admettre que je n’avais plus d’excuses. Alors, après avoir pris mes cliques à deux mains, mon courage et mes claques, j’ai décidé que j’allais me remettre au ski! 17 ans que je n’étais pas remontée sur des spatules et que je n’avais posé mon derrière sur un télésiège. J’ai entraîné mon amoureux dans l’aventure… courageuse oui, mais pas téméraire!

L’affaire a commencé par la Poubelle du ski. C’est déjà assez onéreux comme sport, hors de question d’acheter notre équipement. Nous l’avons loué. Après l’épreuve de se faire conseiller par un gars qui à la moitié de mon âge et qui n’a jamais skié sur des longs skis ni sans casque, nous sommes repartis avec tout ce qu’il faut pour dévaler les pistes (mais pas de casque, honte à nous!) Je suis pour ma part équipée d’une paire de jolis skis. Vu mon niveau, pas la peine de s’attarder sur le côté technique, l’esthétique suffira.

Vendredi, après avoir déposé les enfants dans leur lieu de villégiature respectif, nous sommes allés au Mont Saint-Bruno. Le ski exige de la souplesse, savez-vous? Essentiellement pour la partie d’habillement dans la voiture! Ensuite, eh bien voilà: la neige, le blanc, le froid et les pentes. Moi qui suis transie en permanence cette année, j’aurais pu choisir une activité plus réchauffante, comme la natation ou le sauna. (Comment ça, le sauna n’est pas une activité?). Mais non! Cela n’aurait pas été aussi épique. Le plaisir des doigts et des orteils gelés, c’est à vivre. Dans la descente, je me réchauffais. En remontant, j’avais l’étrange impression que mes orteils allaient se détacher un à un, puis que mes chaussures et mes skis allaient tomber, sans plus rien pour les retenir. Oh! la!la! Évidemment, une fois en haut, j’avais les jambes flageolantes, bien sûr.

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Je n’ai jamais été une grande skieuse, mais me remettre au ski en commençant par le haut de la piste a été toute une épreuve. Je me serais bien vue sur la piste des petits, vous savez, celle où l’on accède par un tapis roulant. Finalement, je suis descendue, puis remontée. Plusieurs fois. Pendant une heure. Après, j’étais en hypoglycémie.

J’avoue, ce ne sont pas les pistes des Alpes. Celles du Mont Saint-Bruno sont plutôt l’équivalent (avec 20 degrés de moins au thermomètre) de celles de Lure, où j’ai appris à skier . Du coup, je me sentais quand même en confiance et j’admets que je me suis bien amusée. En plus, il faisait beau vendredi…

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Je pense que je vais y retourner!

Défier la gravité

L’instant est suspendu à un fil,
L’homme-araignée s’entortille
À son ruban, posément,
Dans un lent mouvement ascendant.

Puis il coule brusquement tel un boa
Tête la première, sans filet, vers le bas
La salle retient un souffle muet
Quand il défie la gravité.

Il semble avoir fait ça toute sa vie
Et peut-être, dans ce tissu, établi son nid
Y avoir réglé chaque minute de ce ballet
S’être suspendu, lové, perché et balancé.

On le dirait né pour voler,
Sans plume et presque à poil
Car il n’est ce soir habillé
Que d’un pantalon et de ce solide voile.

Es-tu un homme, es-tu un oiseau?
Poses-tu le pied à terre ou bien dans l’eau?
Prête-moi des ailes pour me détacher
Goûter un instant de légèreté.

Tête en bas

Tête en bas

Page blanche et bogues de châtaignes

Robert Page, un écrivain au nom prédestiné autrefois connu et reconnu, se retrouva ce jour-là, le 18 octobre 2014, au beau milieu de la forêt de Simiane, à regarder, insensible, les feuilles colorées. Il respirait les odeurs familières de champignons aux noms évocateurs, girolles ou trompettes-de-la-mort, qui ne l’inspiraient plus. Dire qu’autrefois, le chant d’une grive aurait suffi à lui faire remplir 30 pages d’une histoire bien ficelée! Il était maintenant comme imperméable à ce que lui proposait la forêt. Disparues les intrigues palpitantes rondement bouclées et rapidement écoulées par son éditeur. Trop de succès, trop de bons repas arrosés, trop d’occasions négligées…son sens de l’écriture et son style unique s’étaient évaporés. Il se sentait seul et inutile.

Complètement perdu dans ses pensées élégiaques, il ne regardait plus où il marchait. C’est ainsi que son pied buta sur une racine malveillante et que notre écrivain fatigué s’étala de tout son long sur un épais tapis de bogues de châtaignes qui l’accueillirent toutes épines dehors. Piqué, honteux et couvert d’égratignures, Robert ne put que conclure sans exagérer que ce n’était décidément pas sa journée!

Arnaque sur LinkedIn

Je sais que j’écris un journal de bonnes nouvelles. En commençant un titre par « Arnaque », vous vous demandez sûrement où peut être la bonne nouvelle? Eh bien, parce que j’ai presque tout de suite repéré que c’était une arnaque et aussi, parce que je tiens à rendre hommage au talent de cet arnaqueur. Il avait soigné le style, même si la chemise de la photo choisie était un peu trop ouverte pour être celle du personnage qu’il prétendait être. Surtout, la bonne nouvelle est que Google Images m’a permis de rendre à César ce qui est à César et à Angel Ramirez son identité. Je vous embrouille là? Voici le résumé de l’histoire.

J’ai été contactée sur LinkedIn par un certain Roy Clark, directeur d’une banque britannique, qui me donnait son courriel personnel car il avait une proposition très intéressante à me faire. J’ai trouvé la photo un peu trop flatteuse. J’ai été étonnée qu’avec 447 relations, il en ai si peu qui ait recommandé ses compétences et encore plus bizarre, qu’un directeur de banque londonien écrive la moitié de son profil en français. Mais quand même, j’étais d’humeur joueuse, alors, bien que le milieu bancaire soit très éloigné de mon domaine d’activité – encore plus si l’on considère qu’un océan me sépare du Royaume Uni – je lui ai écrit. Bon, OK, vous allez me dire que maintenant, il connaît mon adresse courriel et peut la pirater, mais ladite adresse n’est pas un secret d’état de toute façon puisque je travaille à mon compte. Bref. Roy Clark m’a répondu et m’a expliqué, en long en large et en travers, qu’il y avait un compte en dormance de plusieurs millions de livres dans sa banque. Cette somme, à défaut d’être réclamée par son défunt propriétaire, allait devenir propriété de ladite banque d’ici la fin de l’année si je ne faisais rien. Il proposait de partager la somme à 60/40 (60 pour lui qui prenait tous les risques) et me transférer ma part en échange de quelques informations. Ici, je vois votre œil pétiller et votre cerveau se demander « comment a-t-il amené son sujet pour qu’elle y croit ne serait-ce qu’une seconde? » La réponse est qu’il a mentionné que le riche défunt avait le même patronyme que moi. Et là, alors que le reste m’avait semblé bien écrit et intelligemment mené, j’ai trouvé cette portion ridicule. Les gens qui portent le même nom que moi dans le monde ne se comptent pas sur les doigts de la main mais, à ce jour, ont tous été identifiés comme appartenant à ma famille, en général plutôt en France, en Italie et au Québec. Si notre patronyme avait voyagé sur l’île d’Élysabeth, je l’aurais su. Du coup, je me suis dit que j’allais mener ma petite enquête. Elle n’a pas été bien longue. Google Images a vite fait de retrouver l’identité qui correspondait à la photo. Alors, peut-être que mon adresse courriel a été piratée et que je vais être obligée d’en changer, mais j’ai aimé jouer les Sherlock pendant quelques minutes!

 

Roy Clark, alias Angel Ramirez

Roy Clark, alias Angel Ramirez

A Quiet Day in Wonderland

Que c’est beau!

Nikita Gill est une artiste basée à Londres, qui travaille dans les domaines de la photographie, de l’art numérique et de la conception de marque. Sa série de manipulation de photos, appelée « un jour tranquille au pays des merveilles », parle de paix et de méditation le long d’une journée magique. Elle a utilisé ses propres photos ainsi que des photos d’autres auteurs et son projet a été grandement partagé.

À votre santé!

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a deux particularités qui m’ont toujours fascinée au Québec, en dehors de l’hiver et de la poutine, bien sûr. Ce sont le bénévolat, qui fera l’objet d’un autre billet, et le système de santé. Les deux sont parfois en lien d’ailleurs, mais ce ne sera pas l’objet de mon propos ici.

Je viens d’un pays où lorsque l’on est moyennement malade, on se rend chez SON médecin (parce qu’on a toujours un). Si on est vraiment trop malade pour se déplacer, on n’a qu’à l’appeler et il vient. S’il ne peut pas parce que, par exemple, c’est un médecin en ville, on appelle SOS Médecins. En écrivant cela, je me demande si je fabule et si je n’ai tout simplement pas inventé cette particularité, tellement cela me semble irréel maintenant que je vis à Montréal. Je précise que je fais partie des chanceuses qui ont un médecin de famille, parce que j’ai été enceinte à une époque où ce statut permettait d’accéder à ce privilège. Bon, ladite médecin travaille à Verdun (soit à 18 km de chez moi) et à temps partiel, mais vraiment, je ne vais pas chipoter quand je pense à tous les gens qui n’ont pas de médecin de famille. Ici, je marque un temps d’arrêt au cas où des Français me liraient. Avoir un médecin de famille, cela signifie surtout avoir une adresse et un nom chez qui faire son bilan de santé annuel. Parce que pour le reste (c’est-à-dire les fois où je tombe malade à une autre date), je fais comme tout le monde, je vais à la clinique d’urgence, du lundi au vendredi. Comme dit l’un de mes proches, si tu tombes malade la fin de semaine, tu n’as qu’à rester au lit (parce que les urgences de l’hôpital le weekend, c’est comme partout dans le monde, chacun a sa petite histoire d’horreur sur le sujet et quelqu’un en a même fait une série télévisée). Mon ami ajoute qu’en matière de santé, on est mieux de faire de la prévention, d’où un certain engouement pour le yoga et la naturopathie, mais ne nous éloignons pas, SVP.

Quand je dis que je trouve le système de santé fascinant, c’est parce qu’après 7 ans et ½ passés ici, je n’ai toujours pas une idée très précise de ce en quoi il consiste réellement. Je peux vous assurer qu’il est aussi obscur pour plusieurs Québécois que je connais et dont je tairai les noms. Il y a des cliniques médicales privées, rattachées, pour certaines, au réseau public de santé, dans lesquelles on peut avoir un suivi médical. Il y a les Centres locaux de services communautaires (CLSC) qui offrent des services dans leurs locaux, dans les écoles et à domicile. Ils dispensent, entre autres, des soins infirmiers et des services de prévention. C’est là que je me rends pour mes prises de sang, par exemple. Comme j’ai travaillé pour l’Association des résidences intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), je sais ce que sont les résidences intermédiaires, mais aussi les Centres d’hébergement (autrefois appelés CHSLD, mais il paraît qu’on ne le dit plus) parce que leur association était sur le même palier. Il y a également bien sûr les hôpitaux. Certaines de ces entités dépendent des CSSS (prononcer C 3 S), les centres de santé et services sociaux, mais pas toutes.

Comme vous le voyez, il n’est pas facile de s’y retrouver, dans ce dédale. Et je n’ai pas encore parlé des services de soins à domicile, des unités transitoires de réadaptation, des cliniques de vaccination et autres options aux noms sinon rafraîchissants, du moins savamment étudiés. J’ajoute que je n’ai même pas évoqué les services offerts aux victimes de violence conjugale ou aux parents de jeunes en difficulté. Et alors, me direz-vous, il y a bien un site Internet auquel se référer au cas où une question nous tarauderait? Bien sûr! Pourquoi pas celui de l’Agence de la santé et des services sociaux (ASSS, vous l’aurez deviné)? Eh bien, si vous allez sur ce site, dans la rubrique « organisation des services », vous pourrez y lire que c’est une section actuellement en développement…

Heureusement que le Comité Santé Rosemont (dont je fais partie) est là! (Mon aguiche était peut-être un peu longue, je me suis laissée débordée par mon sujet). Le Comité Santé Rosemont, qui fait partie de la démarche Décider Rosemont Ensemble, a pour but de favoriser l’accès aux soins de santé et services sociaux. Nous nous sommes donné pour mandat de défricher le terrain et de donner de l’information sur le système de santé, localement. Notre premier événement est une soirée d’information et d’échanges sur les services offerts par le CSSS Lucille-Teasdale. Elle aura lieu mercredi prochain, le 19 novembre, de 18 h 30 à 21 h, au Centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme, 5350, rue Lafond. Elle se déroulera en deux temps. Dans la première partie, deux représentantes du CSSS présenteront les services. Dans la deuxième partie, les citoyens seront invités à poser toutes leurs questions sur les services auxquels ils ont droit. Nous comptons en apprendre beaucoup mercredi prochain et vous invitons à vous joindre à cette cohorte de gens bien informés. Venez nombreux, vous n’allez pas vous ennuyer!

affiche pour le 19 novembre VERSION 4