GRATITUDES

Au pluriel, eh ouais!

Je lis un livre intitulé Le cerveau de Bouddha, qui parle des émotions et du rôle du cerveau dans notre manière d’interpréter les aspects positifs et négatifs de notre vie. En résumé, notre cerveau est conçu pour la survie et, à cause des temps reculés où nos ancêtres devaient se prémunir de bien des dangers pour l’assurer, nous sommes programmés pour nous souvenir davantage des accidents ou des écueils survenus dans une journée que des moments satisfaisants où nos besoins sont parfaitement comblés.

C’est vrai. Si je regarde tout ce qui s’est passé au cours d’une journée, il y a de fortes chances que je me souvienne du seul aspect négatif qui s’est présenté, alors que la journée était positive dans sa grande globalité.

Le bon côté des choses, nous disent les auteurs, des neurologues (quand même), c’est que tout ce qui est programmé peut…se déprogrammer! Et donc, il ne tient qu’à nous, par la pratique, de nous entraîner à voir davantage les aspects positifs si nombreux qui ont agrémenté notre journée, par rapport au petit pet de mouche qui veut parfois nous faire croire qu’elle est carrément gâchée. Bien sûr, je ne vous apprends rien en vous disant que cette pratique s’acquiert, entre autre, par la méditation. Et si je vous l’apprends, eh bien, c’est chouette, c’est que j’ai commencé la déprogrammation sans le savoir, hé! hé!

« Pour faire une histoire courte », comme dirait mon amie Martine, je ne vais pas ici faire une initiation à la méditation, puisque franchement, je suis une grande novice en la matière. Je vais simplement faire la liste des choses positives qui me sont arrivées ces trois derniers jours:

  • Lundi soir, alors que mon chum était parti en laissant (sans faire exprès) la soupe sur le feu, que celle-ci était en train de brûler et que mon fils de 4 ans pleurait dans son bain parce qu’il avait décidé ce soir-là qu’il ne se laverait pas tout seul (attendez un peu pour l’aspect positif, il s’en vient), pendant que je m’occupais de sauver ma casserole et de préparer en vitesse autre chose à manger, mon garçon de 7 ans a décidé de laver son petit frère. Je suis trop fière et pourtant, je n’y suis pour rien.
  • Chaque jour, à chaque fois que j’entre dans la salle de bain, ma chatte fait des pattes et des griffes pour y entrer aussi afin que je lui donne de l’huile de noix de coco, 100% biologique. Moi, l’huile de coco, je la mets sur le corps, elle, elle la mange. Chacune son truc. J’ai la peau douce, elle a le poil brillant. Tout le monde est content.
  • Hier mardi, il faisait froid et humide quand je suis sortie du bureau. J’étais à la limite du claquement de dents. Je n’étais absolument pas motivée pour les 25 minutes de marche nécessaires pour rentrer. Quand soudain, que vois-je? Un taxi, un hélicoptère, quelqu’un que je connais qui me propose un lift? Presque: l’autobus de la ligne 197, en retard, ce qui me permettait de le prendre. Elle est pas belle la vie avec tous ses autobus qui la remplissent?
  • Aujourd’hui, je me suis aperçue avant minuit que j’avais oublié de souhaiter bon anniversaire à ma collègue et donc, j’ai pu me rattraper avant la fin de la journée. Bon anniversaire Claudia!
  • Demain je vais faire du bénévolat à l’école et vendredi dans un Magasin-Partage. Le bénévolat existe, c’est positif en soi.
  • Ce soir, j’ai eu une belle séance d’empathie réciproque avec Valérie.

Le tout nourrit mon besoin de goûter à l’intensité de la vie et c’est précieux. Essayez pour voir.

 

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Des pieds pour m’enraciner

Ça tombe bien, puisqu’il n’y a pas encore de neige!

Tu me dis que ma vie est ici maintenant, mais franchement, je n’en sais rien. Qui le sait d’ailleurs? Ma vie est ici maintenant, elle pourra aussi bien être ailleurs demain. « Être né quelque part, c’est partir quand on veut, revenir quand on part », comme le chante si bien Maxime. Mais après? Hein, après? Tout est chamboulé, il n’y a pas de certitude. Qui, 30 ans plus tard, vit encore là où il est né, de nos jours? Déjà, il faut être né à la maison, parce que les gens vivent rarement des les hôpitaux. Tiens, moi, je suis née à l’hôpital de Manosque, j’ai dû y vivre 2 jours, gros max. J’y suis retournée un peu y vivre à l’adolescence, à Manosque, mais pas à l’hôpital. J’étais interne (pas internée) au Lycée Félix Esclangon. Il paraît qu’il y a un autre Lycée maintenant, à Manosque. Ah! Les temps changent. « De mon temps, ce n’était pas comme ça », dirait ma grand-mère si elle était encore en vie. Je dis ça, mais je ne sais même pas si ma grand-mère utilisait ce genre d’expression.

Ma grand-mère Marie-Thérèse, justement, qui a pourtant dû naître à la maison (à Hoenheim, à côté de Strasbourg), ne s’était certainement pas imaginée enfant qu’elle se retrouverait sur le quai de la gare de Tunis à 20 ans pour épouser mon grand-père. Qu’ils débarqueraient en France environ 10 ans plus tard avec leurs 4 enfants et 2 valises et qu’ils s’établiraient provisoirement à Carry-le-Rouet pour quelque temps, non sans difficulté, à cause de leurs pieds noirs (enfin, surtout ceux de mon grand-père et des enfants, puisque ma grand-mère, elle, était née en Alsace, je vous rappelle). Elle n’avait certainement pas prévu non plus qu’elle finirait ses jours à Redortiers, dans le pays de la lavande, où elle a vécu 55 ans.

Mes pieds à moi ne sont pas étiquetés. Mes rêves d’enfant ne m’avaient pas amenée dans la Belle Province, dont je n’ai certainement pas entendu parler avant l’adolescence. Je ne me souviens pas avoir étudié ce bout de l’histoire de France à l’école. En fait, je me souviens que nous ne l’avons pas étudié. Bref. Je suis une grande lectrice, mais mes livres n’étaient pas toujours des livres de voyages, ou alors en Inde, qui est quand même assez loin de Montréal.

Peut-être mes pieds peuvent-ils s’enraciner « icitte »? Je ne sais pas. Je reconnais que les énergies de ce côté-ci de l’Atlantique me semblent plus favorables que dans mon pays d’origine. Que je vis tout avec plus d’intensité, peut-être à cause de l’exil. C’est dur d’être loin, mais c’est bien aussi, parfois, souvent. « Être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable« , nous dit Thomas D’Ansembourg, alors je vais essayer, le confort m’importe peu.

Happy

Et hop, sans les pieds!

Pour commencer la journée en riant aux éclats

Je suis désolée d’avance pour tous les Français qui écouteront et qui ne comprendront pas « toute », parce que c’est vraiment un 6 minutes tordant.

Beaucoup de passages m’ont fait beaucoup rire. Un petit extrait: « la gaugauche au Québec qui contrôle toute, c’est eux autres le 1%. Bon là ça rit, parce que vous ne connaissez pas la politique Madame. Oui, oui, parce qu’aujourd’hui, la gauche possède les magasins de livres usagés et les cafés indépendants, mais demain matin, leur monopole va racheter la Banque mondiale. (…_). Je l’avoue, je suis moi-même un gauchiste… »

Aimer l’été, c’est consensuel

Oiseau

Après des mois d’août et septembre caniculaires, nous sommes entrés dans l’automne. Comme ça, sans préavis. Oh! Il y avait bien eu un ou deux avertissements. Une ondée de fin de semaine. Les manches qui s’allongent. Les odeurs de taille-crayon et de rentrée scolaire. Les vols des outardes.

J’avais certainement fermé les yeux et les oreilles sur ces annonces. Alors me voici presque surprise de tenter réchauffer mes doigts après mon déplacement en vélo matinal. Le bout du nez gelé aussi, avec la goutte qui s’inviterait, si je la laissais faire! J’entends le chauffage se mettre en route et ne peut m’empêcher de me dire « déjà! ».

En même temps, comme je ne suis pas à une contradiction près, je me sens reconnaissante envers la nature de nous offrir ce répit automnal. Ces couleurs chatoyantes, ces odeurs de courge et d’épices qui réchauffent et même la buée sur les lunettes quand on vient de l’extérieur. Les envies de coin du feu et de châtaignes grillées. Ah! que j’aime cette saison!

J’aime aussi l’été, mais c’est consensuel d’aimer l’été. Tout le monde sait vanter les attraits de cette saison que l’on étale comme la crème solaire. Alors que l’automne! Les jours qui rapetissent. Le mercure qui a du plomb dans l’aile. Les journées humides qui s’enveloppent de brouillard. Une ambiance propice aux vampires et autres zombies. Franchement, imagineriez-vous Halloween en plein été? Cela n’aurait carrément pas le même effet!

Dilemme du dimanche matin

Nous sommes le 18 octobre. II est 7 h 25 du matin, il fait -4 et je m’apprête à faire une course de 10 km.

Dans l’énoncé ci-dessus, ce qui m’interpelle le plus, c’est la température. La dernière fois que je me suis entraînée, il y a 6 jours, il faisait 22! Je ne suis pas équipée pour courir dans le froid. Je n’ai aucune idée de comment je vais survivre!

Si je partais en randonnée, je mettrais un manteau et des grosses chaussettes. Mais là, courir en manteau? Et puis, mes grosses chaussettes ne rentrent pas dans mes chaussures de course! Ah, quel dilemme pour un dimanche matin. Il faut vraiment ne pas avoir de problèmes plus importants à gérer pour se mettre dans une situation pareille.

Tiens! C’est vrai, je N’AI PAS de problème plus important à gérer. La vie est belle. Je vais peut-être revenir avec des engelures et ce sera encore le problème le plus important que j’aurais à gérer! C’est « cool » finalement et c’est le cas de le dire, en plus.

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