Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Hier, alors que nous avions un toit sur la tête et une chaleur estivale, se déroulait notre atelier de réflexion à l’école alternative Le Vitrail, sur la rue Hochelaga. Deuxième étape obligatoire dans le processus d’admission, celle-ci avait pour objectif de nous aider à valider si, en tant que familles, nous étions prêts à poursuivre l’aventure qui se déroulera sur la rue Boyer à partir de septembre 2015. Étant donné le grand nombre de participants, plusieurs moments dans la journée avaient été prévus pour accueillir les familles.

Échange

Regroupés par dizaines autour de tables, nous avions pour mandat de mettre en commun le fruit de nos réflexions préalables sur les avantages et inconvénients de l’école alternative. Autant vous dire d’entrée de jeu que la liste des avantages était bien plus longue que celles des préoccupations! Ensuite, un porte-parole à chaque table énonçait la liste des inquiétudes et des problèmes identifiés par son groupe, auxquelles Annie Lamarre, directrice de l’école Le Vitrail, Marylène Poulin, conseillère pédagogique ou Cindy Schwartz, conseillère d’orientation, ont répondu à tour de rôle.
Je ne pense pas pouvoir dresser une liste exhaustive de tout ce qui a été relevé, d’autant que j’avais pris des notes sur le document de travail que j’ai remis à la fin de la rencontre. Les questions suivantes ont été posées parmi bien d’autres :

  • Certains parents habitent en dehors du territoire ou sont très occupés. Ils ne pensent pas pouvoir être aussi présents que d’autres. Comment cela sera-t-il perçu par l’école, par les élèves? Que se passe-t-il s’il n’y a pas assez d’engagement parental?
  • L’enfant apprend en fonction de ses intérêts et de ses passions. Qu’arrive-t-il si un enfant du primaire décide qu’il n’aime pas lire? Comment le soutient-on afin qu’il n’atteigne pas l’âge de 8 ans sans avoir acquis la compétence de la lecture?
  • Comme la manière d’apprendre est très différente de celle qui a cours dans une école traditionnelle, l’élève du secondaire sera-t-il prêt pour le CEGEP à la fin de son cursus?
  • La population des apprenants de l’école sera-t-elle hétérogène?
  • L’enseignant en arts sera-t-il un spécialiste de sa discipline?

J’espère être fidèle dans la retranscription des réponses.

Au sujet de l’implication des parents, Annie Lamarre a rappelé que l’école ne peut pas fonctionner sans les parents, que les parents qui inscrivent leur enfant à l’école alternative s’engagent. Ils adhèrent aux valeurs de l’école et les respectent. Ils participent à la vie de l’école par diverses actions. Bien entendu, cet engagement peut être à géométrie variable. On comprend que tout le monde ne peut pas donner le même nombre d’heures ou la même sorte d’implication. C’est ce qui fait la diversité. Il n’y a pas de nombre d’heures minimal requis. L’école fera régulièrement des communications aux parents pour indiquer quels sont les besoins. Cela peut aller à de la présence en classe pour animer un atelier à une action à partir de la maison, comme la confection de muffins ou des appels téléphoniques, en passant par la collaboration à un comité. Mme Poulin rappelle que le premier soutien des parents est celui qu’ils donnent à leur enfant dans la réalisation de ses projets. Toutefois, il est bon de garder en tête que le parent qui vient à l’école ne vient pas pour le bénéfice de son enfant uniquement, il vient pour soutenir la communauté des apprenants dans son ensemble. Les élèves connaissent les parents et sont heureux de leur contribution. Mme Lamarre n’a jamais entendu de remarque sur une éventuelle comparaison au niveau des engagements parentaux.

Sur la question d’un enfant du primaire qui n’apprendrait pas la lecture par exemple, sous le prétexte que cela ne le tente pas, Marylène a répondu en souriant que c’était une vision « très années 80 » de l’école alternative. Au primaire, l’enfant est très assisté dans son autoformation. Les balises sont nombreuses. L’objectif est de l’aider progressivement à développer son autonomie. La procrastination n’est pas encouragée. En fait, l’enfant ne choisit pas ce qu’il veut apprendre, il fait certains choix dans la manière de le faire. Les enseignants travaillent à partir des mêmes programmes de formation que dans les autres écoles et s’assurent de lier les apprentissages faits par les enfants aux finalités desdits programmes.

Cela m’amène à enchaîner sur la question de la poursuite des études après le secondaire alternatif. Les témoignages d’anciens élèves que l’école à recueillis montrent que ces derniers réussissent très bien au CEGEP. À la différence des élèves qui viennent du secondaire traditionnel, ils ont un bagage académique moins important, mais ils ont appris à apprendre, à questionner, à se connaître, à parler en public et à travailler en groupe. Ils sont donc moins outillés en matière de savoir, mais le sont davantage en matière de compétences.

À la question de l’hétérogénéité de la clientèle, Mme Lamarre rappelle que c’est un objectif que l’école s’est fixé en déménageant. Le Vitrail veut être une école ouverte sur le monde, à commencer par celui de son quartier. Les familles immigrantes sont peut-être davantage rassurées par le modèle traditionnel, c’est notre rôle de les convaincre. Pour ma part, je souligne que le comité rayonnement a travaillé sur cette question. Nous avons fait des présentations dans des CPE, dans des coopératives d’habitations et dans des organismes communautaires.

Pour ce qui est de l’enseignement des arts, Mme Lamarre indique que l’enseignante en arts plastiques au secondaire est diplômée en arts plastiques et qu’elle enseigne sa discipline au moins pour 50% de son temps. (Elle peut enseigner d’autres matières le reste du temps). Au primaire, l’enseignant qui sera choisi pour enseigner les arts plastiques, la danse et le théâtre sera diplômé dans au moins une de ces 3 disciplines, même s’il enseignera les trois. La raison en est que l’école souhaite offrir un temps plein à cet enseignant afin qu’il s’imprègne de l’école, de son fonctionnement et de ses valeurs.

J’ai été heureuse encore une fois de participer à ces échanges. Notre famille est engagée dans le processus depuis le mois de mai dernier et espère l’être pour au moins les 13 prochaines années (si je fais le cumul de la scolarité de mes deux enfants). La prochaine étape pour nous est de remplir et remettre le dossier d’admission. Nous aurons la réponse, si elle est positive, comme cadeau de Noël!

Un toit sur la tête

 

Pleuvra, pleuvra pas?

Dessin d'enfant, feuillet promotionnel

Dessin d’enfant, feuillet promotionnel

Il a plu des trombes quelques heures avant et un déluge quelques heures plus tard. Je me suis donc estimée particulièrement chanceuse – et je n’étais sûrement pas la seule, vu le nombre de participants hier soir – de pouvoir assister à la rencontre d’information de l’école alternative primaire-secondaire Le Vitrail, hier soir.

En effet, l’école, qui ouvrira en septembre 2015, organisait hier ses portes ouvertes, étape obligatoire dans le processus d’admission. Ainsi que l’a souligné Annie Lamarre, directrice de l’école, les portes étaient tellement ouvertes que la rencontre avait lieu à l’extérieur, pour cause de travaux dans la bâtisse!

Je suis engagée sur le Comité Rayonnement de l’école depuis le printemps dernier. J’ai activement participé (feuillet, communiqué, kiosque) à publiciser la rencontre d’hier soir. Je suis très motivée par ce projet novateur, et pas seulement parce que ce sera la première école au Canada, à offrir un modèle alternatif de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire.

Tout d’abord, je suis captivée par ce projet où les enfants seront en auto-formation assistée. C’est-à-dire qu’ils apprendront des matières qui nous ont été enseignées quand nous étions nous-mêmes à l’école, mais différemment. Au lieu de devoir avaler un programme qui aura été décidé pour eux dans le fond et dans la forme, ils pourront choisir d’apprendre à partir de projets qui les passionnent, à leur rythme. C’est ce que j’ai, entre autres, retenu du touchant témoignage de deux dynamiques étudiantes du secondaire au Vitrail.

Ensuite, j’ai à cœur de m’impliquer dans l’école. Je le fais déjà depuis 6 mois, alors que mon enfant n’est même pas inscrit (et ne le sera peut-être pas, si le nombre d’inscriptions nécessite un tirage au sort)! Quand on choisit de fréquenter une école alternative, ladite fréquentation ne concerne pas seulement l’enfant, elle concerne la famille dans son ensemble. Les jeunes connaissent les parents, qui sont des co-éducateurs. Les parents sont partie prenante. L’école est intégrée dans sa communauté.

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

École Le Vitrail au 5927, rue Boyer

De plus, je suis enchantée par le fait que les classes seront multi-niveaux et multi-âges. Les grands apprennent aux petits et les petits apprennent aux grands. Responsabilisation, autonomie, développement de l’estime de soi, de la confiance.

Je suis emballée aussi par le fait que les enfants seront actifs tous les jours. Je fais partie des personnes qui sont convaincues que l’on apprend mieux lorsque l’énergie a circulé dans le corps. Hier, il pleuvait. Mon enfant a fait sa récréation…dans sa classe! Il était excité comme une puce. Je me demande quand il a écouté. D’ailleurs, il a eu un mot dans son agenda.

Il y a encore beaucoup d’autres raisons pour lesquelles ce projet m’emballe. Nous allons y réfléchir posément en famille pour nous préparer à la rencontre de réflexion de la semaine prochaine!

Où est Minnie?

Le 26 septembre dernier, j’étais invitée à la pendaison de crémaillère du Parrainage civique de l’est de l’île de Montréal (PCEIM), qui vient de se relocaliser dans Rosemont. Le PCEIM est un est un organisme à but non lucratif dont la mission est de favoriser l’autonomie et l’intégration communautaire, au moyen de la mixité citoyenne, de personnes adultes vivant une problématique de santé mentale. Pour ce faire, le PCEIM utilise notamment le jumelage entre un(e) citoyen(ne) bénévole (le parrain ou la marraine) et une personne dont la problématique de santé mentale a entravé l’intégration communautaire. L’organisme offre également une palette d’activités à ses membres, comme des ateliers d’art, des cuisines collectives, des groupes de discussion, ou autres. Il compte 120 membres et 70 bénévoles.

L’automne débutait, il faisait beau. La soirée se déroulait dehors. En accrochant mon vélo, j’entendais les bruits de voix, les éclats de rire et des flonflons. L’air sentait l’été et les grillades. Je me suis présentée à la table d’accueil, où l’on m’a remis mes coupons et mon nom pour la soirée : Mickey. Cela faisait partie d’un jeu pour briser la glace, l’objectif étant de retrouver dans la foule la personne avec qui vous formiez un couple célèbre. Un peu comme dans « où est Charlie? », sauf qu’au lieu d’essayer de repérer un gars avec un pull rayé rouge et blanc, un bonnet et des lunettes, l’objectif était de retrouver votre moitié, non déguisée, en posant des questions aux autres convives. Simple.

J’ai commencé par repérer dans l’assistance les personnes que je connaissais. Je suis donc allée saluer Élisabeth Doiron-Gascon, directrice générale du Parrainage civique Les Marronniers, Marlène Mongeau-Degagné, agente d’intégration sociale dans le même organisme et Jérôme Maurice, directeur général des Compagnons de Montréal. J’ai ensuite rencontré Sébastien Beaudet, directeur général intérimaire du PCEIM. Comme aucune de ces personnes n’était Minnie, j’ai poursuivi mon enquête. Mes pas ne m’ont pas portée bien loin car j’ai fait des merveilleuses rencontres quelques minutes plus tard. Au lieu d’une petite souris avec de grandes oreilles et un nœud rose, j’ai rencontré Denise et Hélène, deux sémillantes bénévoles. Elles sont toutes les deux des marraines. Elles ont tissé une relation d’amitié avec leurs filleules respectives, avec lesquelles elles organisent des rencontres, des sorties au cinéma, au théâtre ou au musée.

J’ai fait et je continue à faire du bénévolat régulièrement. Toutefois, je suis toujours impressionnée par les personnes qui s’engagent ainsi dans une relation durable, peut-être au départ pour répondre à un besoin de contribution, l’envie d’aider et de briser l’isolement (celui de leurs filleules et possiblement le leur). Ces personnes-là, parraines, marraines, filleuls et filleules, participent à démystifier la santé mentale, à créer une société plus juste et plus équitable, dans la simplicité. Il y avait beaucoup de joie dans cette soirée. Je n’ai jamais trouvé Minnie, mais j’ai passé un moment bien agréable.

Minnie!

Minnie!