Si les chats ont 9 vies (suite)

Comme vous ne l’attendiez plus, voici la suite (qui, paradoxalement, est un retour en arrière…)

J’ai été conçue dans une usine de canettes en fer blanc, comme mes sœurs. Nous étions des centaines ou peut-être des milliers… je ne sais pas compter de toute façon. Je suis née dans la solitude, sans un cri, sans amour, dans le bruit infernal des machines de l’usine. À mon arrivée sur le tapis roulant de la vie, j’étais à la fois terrifiée et curieuse. Quelle allait être mon utilité? Allais-je en avoir une? Mon besoin de contribution était vraiment très important. Mon besoin de liberté aussi, mais celui-ci est mort dans l’œuf, si je puis dire, puisque j’ai rapidement constaté que je serai un objet cylindrique, sans mécanisme pouvant me permettre des mouvements. Ensuite, la curiosité a fait place à la frustration, pour ne pas dire le désespoir, lorsqu’on m’a déplacée dans une autre usine pour me remplir de soda. Mon rêve à moi aurait été de participer à une vie saine et écologique. Enfin! Quel pouvoir une canette a-t-elle sur le contrôle de sa destinée?