Page blanche et bogues de châtaignes

Robert Page, un écrivain au nom prédestiné autrefois connu et reconnu, se retrouva ce jour-là, le 18 octobre 2014, au beau milieu de la forêt de Simiane, à regarder, insensible, les feuilles colorées. Il respirait les odeurs familières de champignons aux noms évocateurs, girolles ou trompettes-de-la-mort, qui ne l’inspiraient plus. Dire qu’autrefois, le chant d’une grive aurait suffi à lui faire remplir 30 pages d’une histoire bien ficelée! Il était maintenant comme imperméable à ce que lui proposait la forêt. Disparues les intrigues palpitantes rondement bouclées et rapidement écoulées par son éditeur. Trop de succès, trop de bons repas arrosés, trop d’occasions négligées…son sens de l’écriture et son style unique s’étaient évaporés. Il se sentait seul et inutile.

Complètement perdu dans ses pensées élégiaques, il ne regardait plus où il marchait. C’est ainsi que son pied buta sur une racine malveillante et que notre écrivain fatigué s’étala de tout son long sur un épais tapis de bogues de châtaignes qui l’accueillirent toutes épines dehors. Piqué, honteux et couvert d’égratignures, Robert ne put que conclure sans exagérer que ce n’était décidément pas sa journée!

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